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Écrit par Maxime Dupont   
Dimanche, 29 Avril 2012 23:21

 

1 / Situation et génèse

2 / Descriptif général de l'ouvrage

3 / Bloc 1

4 / Bloc 2 

5 / L'histoire tragique


 



1 / Situation et génèse 

A partir de 1933, plusieurs projets se succèdent en vue d'établir une position fortifiée sur la côté 216 -ou Croix-de-Villy-, sans pour autant donner satisfaction. Passant d'un ouvrage mixte à seulement deux casemates d'infanterie, la Commission d'Organisation des Régions Fortifiées (ou CORF) retient finalement, en mai 1935, le projet d'un petit ouvrage (ou P.O) d'infanterie de deux blocs comme premier stade de travaux. Elle rejette la construction d'un bloc entrée et d'un bloc avec tourelle de 75mm en deuxième cycle, faute de budget suffisant.

Construit en 28 mois (entre septembre 1935 et décembre 1937), l'ouvrage fut "livré" à l'armée en janvier 1938.

Dominant la Chiers et bénéficiant d'un glacis naturel, l'ouvrage a pour mission : de battre la vallée qui s'étend au Nord, de couvrir la casemate de Margut (à 1700m à l'Est) et de barrer les arrières de la Tête de pont de Montmédy. Pour renforcer la position et l'aider dans cette tâche sont construites, en 1938, deux casemates d'artillerie - Villy-Est et Villy-Ouest - équipées chacune d'un canon de 75mm modèle 1897/1933. Indépendantes, elles auraient dues être reliées à l'ouvrage par des galeries (projet de second cycle). Ainsi, à terme, le P.O de La Ferté était destiné à devenir un ouvrage mixte comportant six blocs.


2 / Descriptif général de l’ouvrage 

Le petit ouvrage de la Ferté accueille un équipage d'une centaine d'hommes. Il se compose de deux blocs de combat, dont l'aménagement intérieur est similaire à celui des casemates d'intervalles. Ces deux blocs sont reliés par une galerie de liaison de 275 mètres, d'une profondeur moyenne de 25m. De petite section, elle ne permet pas le transport des munitions par train électrique, comme dans les plus gros ouvrages. Cette galerie permet l'accès à des fonctions essentiels à la vie de l'ouvrage : cuisine, deux locaux contenant les réserve de combustibles, une salle de pansement, un puits, l'arrivée du câble téléphonique et enfin une réserve de munitions pour la tourelle deux armes mixtes du bloc 2.

Les deux blocs de combats sont ceinturés par un réseau de rails antichar et de barbelés permettant de mettre à distance et  de retarder d'éventuels assailants.


cartesituation


3 / Bloc 1

plansupb1Plan du niveau supérieur

Ce bloc a la mission importante de couvrir son voisin, la casemate de Margut, à l'aide des armes antichars et anti-personnel disposées à l'intérieur de la chambre de tir. Ce sont ainsi un canon de 47 mm doublé d'un jumelage de mitrailleuses qui assurent une protection efficace par une continuité de feu. Quatre cuirassements (c'est à dire des "cloches") permettent l'observation et le tir rapproché tout autour du bloc.

Au niveau inférieur, se trouvent le poste de commandement de l'ouvrage, le service de renseignement, les groupes électrogènes (deux moteurs CLM -Compagnie Lilloise des Moteurs-) de 25 CV chacun, ainsi que deux batteries de filtres servant à purifier l'air aspiré de l'extérieur.

 

4 / Bloc 2

plansupb2Plan du niveau supérieur

Similaire au bloc 1, le bloc 2 a la particularité de disposer du cuirassement le plus efficace de l'ouvrage : la tourelle pour deux armes mixtes (deux canon de 25mm et quatre mitrailleuses, au total). 

Ce bloc possède également l'unique cloche à vision directe et périscopique du secteur fortifié, cuirassement disposant de matériels optiques très performants. Deux autres cuirassements assurent la défense et l'observation.

 


5 / Histoire tragique

Le fort de Villy-La Ferté est l'unique ouvrage de la ligne Maginot où la totalité de sa garnison est tombée durant les combats. Ce sont ainsi 107 hommes qui, au matin du 19 mai 1940, ont perdu la vie dans cette carapace de béton et d'acier. La destruction exceptionnelle de cet ouvrage ne peut être expliquée que par un ensemble d'erreurs stratégiques françaises, ainsi qu'à une accumulation d'évènements opportuns pour les assailants.

La chute du petit ouvrage de Villy-La Ferté ne peut donc être retenue comme un exemple représentatif de la fortification Maginot.

Bien que souvent décriée et désignée comme "responsable de la défaite", rappelons que la ligne Maginot ne fut qu'initialement prévue que comme un "outil" dans les plans militaires français. Les recherches historiques montrent que l'ensemble des missions incombant à cette fortification ont été accomplies.

 

 

Mise à jour le Mardi, 14 Mai 2013 12:29